décembre 30, 2004

Plus Rien
Il ne reste que quelques minutes à ma vie
Tout au plus quelques heures je sens que je faiblis
Mon frère est mort hier au milieu du désert
Je suis maintenant le dernier humain de la terre

On m'a décrit jadis, quand j'étais un enfant
Ce qu'avait l'air le monde il y a très très longtemps
Quand vivaient les parents de mon arrière grand-père
Et qu'il tombait encore de la neige en hiver
En ces temps on vivait au rythme des saisons
Et la fin des étés apportait la moisson
Une eau pure et limpide coulait dans les ruisseaux
Où venaient s'abreuver chevreuils et orignaux

Mais moi je n'ai vu qu'une planète désolante
Paysages lunaires et chaleur suffocante
Et tous mes amis mourir par la soif ou la faim
Comme tombent les mouches...
Jusqu'à c'qu'il n'y ait plus rien...
Plus rien... Plus rien...

Il ne reste que quelques minutes à ma vie
Tout au plus quelques heures, je sens que je faiblis
Mon frère est mort hier au milieu du désert
Je suis maintenant le dernier humain de la terre
Tout ça a commencé il y a plusieurs années
Alors que mes ancêtres étaient obnubilés
Par des bouts de papier que l'on appelait argent
Qui rendaient certains hommes vraiment riches et puissants
Et ces nouveaux dieux ne reculant devant rien
Étaient prêts à tout pour arriver à leurs fins
Pour s'enrichir encore ils ont rasé la terre
Pollué l'air ambiant et tari les rivières
Mais au bout de cent ans des gens se sont levés
Et les ont avertis qu'il fallait tout stopper
Mais ils n'ont pas compris cette sage prophétie
Ces gens-là ne parlaient qu'en termes de profits

C'est des années plus tard qu'ils ont vu le non-sens
Dans la panique ont déclaré l'état d'urgence
Quand tous les océans ont englouti les îles
Et que les inondations ont frappé les grandes villes
Et par la suite pendant toute une décennie
Ce fut les ouragans et puis les incendies
Les tremblements de terre et la grande sécheresse
Partout sur les visages on lisait la détresse
Les gens ont dû se battre contre les pandémies
Décimés par millions par d'atroces maladies
Puis les autres sont morts par la soif ou la faim
Comme tombent les mouches...
Jusqu'à c'qu'il n'y ait plus rien...
Plus rien... Plus rien...

Mon frère est mort hier au milieu du désert
Je suis maintenant le dernier humain de la terre
Au fond l'intelligence qu'on nous avait donné
N'aura été qu'un beau cadeau empoisonné
Car il ne reste que quelques minutes à la vie
Tout au plus quelques heures, je sens que je faiblis
Je ne peux plus marcher, j'ai peine à respirer
Adieu l'humanité...
Adieu l'humanité...

-Les Cowboys Fringants-

décembre 15, 2004

Venez frapper

Nombre de soupirs. Je ne comprends rien. Rien ne rayonne, rien ne me fascine. Je suis cet humain éternellement insatisfait qui a toujours besoin de plus. Besoin de quoi, je ne sais pas. Simplement triste, simplement seule. Simplement blasée.

Tout espoir s’écrase d’un pas de géant bien dirigé. Attention petite étincelle, les flots t’ont déjà remarquée. Cligne de l’œil et l’ouragan est déjà passé.

Les étoiles sont devenues fades. La lune n’est plus très importante. Il fait nuit, et je ne réagis pas. Je ne réagis plus. Plus rien. Je suis vide. Je suis sec. Je suis vacante.

Inoccupée.

Venez frapper et vous verrez. Rien. Et si vous hurlez, l’écho décevant de votre voix se fera entendre.

Mais si vous venez frapper… Ne vous en retournez pas trop rapidement. Pas sans m’avoir laissé un autre espoir à écraser, une autre étincelle à noyer.

Ne faites pas qu’écouter, ne faites pas que hurler. Essayez de chuchoter. Essayez. Revenez.

Et si vous revenez… Ne vous en retournez pas si rapidement. Un jour, vous l’aurez recousue, cette fissure au fond de mon sac. Et je ne me viderai plus.

décembre 07, 2004

Der Wind weht

Der Wind weht
Le vent souffle et la surface de ma peau grogne.
Une atmosphère glaciale, j'en perderai mes pétales.

Der Wind weht
Le vent souffle et il emporte le temps avec lui.
Abasourdie et envahie, j'avance à pas disloqués.

Der Wind weht
Le vent souffle et me démunit de ma voix.
Étendu sur ma faiblesse, il se moque et s'acharne.

Der Wind weht
Le vent souffle et il m'accuse de mes tourments.
Engloutie sous sa dureté, assaillie par sa dérision.

Der Wind weht
Le vent souffle et mon souffle gelé l'accompagne.
Je n'ai pas sa puissance, ni son importance.

Je suis une poussière dominée par le vent.

décembre 01, 2004

Sans Titre

J'ai la motivation au sol.
J'ai l'estime de soi qui s'envole.
Je ne peux crier,
je ne veux pas déranger.
J'ai toujours été calme,
Petit enfant oublié.
J'ai tant vendu mon âme,
Esprit fragile et étouffé.

Tout devient gris,
Et je me perd dans ma vie.
Ma vie ignorée,
Je n'ai pas voulu dévoiler.
Je déteste ce reflet,
Un moi sans intéret.
Je me perd à regretter,
Torture de l'âme essouflée.

J'ai besoin d'une voix,
Chantant doucement pour moi.
Un réconfortant regard,
Caresser mon coeur noir.
Solitude mal accueillie,
Je me cache à espérer.
Espérance sans envie,
Sentiments condamnés.